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Les émotions et les revendications ont marqué la présentation publique de la 24e Korrika à Bilbao

Les émotions et les revendications ont marqué la présentation publique de la 24e Korrika à Bilbao

Tout au long du parcours de cette initiative en faveur de l’euskara, de nombreux passages de témoin émouvants auront lieu.

AEK a lancé un appel à la mobilisation alors qu’il ne reste qu’une semaine avant que la Korrika ne démarre de Tardets. L’organisation a souligné quelques passages de témoin symboliquement forts : celui d’Errigora, celui de Kontseilua, celui en faveur du peuple palestinien et un hommage à l’anthropologue Teresa del Valle. De plus, de nombreux acteurs — politiques, sociaux, syndicaux, du monde de l’euskara — ont réaffirmé leur engagement lors de la présentation de la 24e Korrika. Plus de 100 invités se sont réunis au siège d’EITB.

Lurdes Etxezarreta, membre du Conseil national d’AEK, a rappelé que les membres d’AEK travaillent intensément depuis des mois pour organiser cette course. De plus, elle a souligné que la force de la Korrika réside dans une communauté beaucoup plus large : « Nous sommes toujours plus nombreux à former la communauté des locuteurs de l'euskara, et nous voulons qu’elle continue de s’agrandir. »

Ane Elordi, responsable de Korrika, a ainsi mis en avant les notions d’émotion collective et de communauté.

L’euskara est un souffle. Nous sommes la communauté de l’euskara !
Elle a rappelé que, même s’il existe près d’un million de locuteurs basques, il y a une volonté d’agrandir toujours plus cette communauté. « Nous sommes une communauté libre et ouverte qui se revitalise », a-t-elle expliqué. Selon elle, le slogan EUSKARA GARA transmet un message très clair : l’euskara peut rassembler toutes les personnes. « L’euskara n'est pas une limite ; c’est un souffle. Nous devons le considérer comme un pont. »

L’objectif est simple : construire une communauté qui, indépendamment des origines, de la couleur de peau ou du niveau linguistique, offre une place à toutes et à tous. « Dans le cercle de l’euskara, chacun trouve sa place », a ajouté la responsable de la Korrika. Elle a également évoqué une thèse de doctorat, réalisée depuis la dernière Korrika : « La principale conclusion de cette recherche est que la Korrika génère un impact émotionnel positif chez les participants, qui se prolonge pendant plusieurs semaines. »

Des passages de témoin forts pendant la Korrika
La 24e Korrika parcourra 2180 kilomètres, au cours desquels 3436 passages de témoin auront lieu — plus que jamais auparavant. Selon Elordi, beaucoup de ces passages auront une forte charge symbolique.

« Cette année, nous vivrons plusieurs moments très émouvants sur le parcours. » Par exemple, Errigora, organisation mise à l’honneur par Korrika, prendra le relais à San Adrián avec plusieurs producteurs, partenaires et collaborateurs. De son côté, Euskalgintzaren Kontseilua, prêt à franchir une nouvelle étape vers la revitalisation de la langue, portera le témoin à Ascain et à Ezkirotz. La solidarité envers la Palestine sera également présente lors d’un passage de témoin dans la Bake kalea (rue de la Paix) à Vitoria-Gasteiz, sous le slogan : « Nous sommes la Palestine ». Par ailleurs, à Saint-Sébastien, un hommage sera rendu à l’anthropologue Teresa del Valle, et le témoin sera porté par sa famille et ses amis.

La solidarité entre les courses en faveur des langues minorisées sera également visible avec les « sœurs » de la Korrika :

  • La Passem (Occitanie) participera à Atharratze
  • Ar Redadeg (Bretagne) participera à Errezil

Ces deux courses « sœurs » seront également présentes à Bilbo, à la fin de Korrika.

Korrika : émotion et revendication
Les représentants d’AEK-Korrika ont également rappelé que la Korrika n’est pas seulement une fête. « Nous ne sommes pas du folklore, nous sommes l’euskara », a déclaré Elordi, en rappelant la revendication déjà exprimée lors du 45e anniversaire de la première Korrika.

Etxezarreta a ajouté que la communauté bascophone mérite un accès universel à la connaissance de l’euskara : « En nous appuyant sur la revendication EUSKARA GARA, nous voulons placer la basquisation des adultes au premier plan. » Elle a souligné la nécessité de politiques linguistiques audacieuses et solides, gratuites et accessibles à toutes et tous, garantissant l’enseignement, la transmission et l’apprentissage de l’euskara, ainsi que l’alphabétisation des adultes. Elle a conclu en revendiquant le droit de toute la population à vivre confortablement en euskara dans tout Euskal Herria, et en lançant un appel à la mobilisation de toutes les personnes et acteurs concernés.

Dans le même esprit, le dernier message d’Elordi a également encouragé les participants à se laisser émouvoir et à participer pendant les 11 jours de la Korrika, mais aussi à aller plus loin : « Une fois la Korrika terminée, dès le 12e jour et ensuite chaque jour, en se souvenant du cri EUSKARA GARA, je vous invite à soutenir l’euskara et la communauté basque. »

Les animatrices de l’événement Albina Stardust et Ana Goitia ont apporté une touche d’humour à l’événement. Toutes deux ont été les protagonistes du spot de la 24e Korrika et ont évoqué, devant les invités présents à Bilbao, les rôles qu’elles y ont joués.

Écoutez l’appel de Korrika. Soyons la vibration, soyons la force.
La flamme de la Korrika est déjà allumée.
La 24e Korrika arrive !